Des chansons officielles ou non, parfois kitsch, des refrains repris par toute la Meinau, des tentatives plus ou moins réussies et, surtout, une même volonté : faire chanter Strasbourg. Depuis plusieurs décennies, le Racing Club de Strasbourg a vu se succéder plusieurs hymnes et chansons qui ont accompagné son histoire. De Christophe O'Neil à Robin Leon, en passant par Virginie Schaeffer, Kansas of Elsass, Philipp Le Provost et Pascal Vecca, retour en musique sur ces titres qui ont marqué, ou tenté de marquer, l'histoire du Racing.

Christophe O'Neil et « Allez Racing » (1990)

Pour remonter aux origines des hymnes du Racing, il faut retourner au début des années 1990. C'est à cette époque que Christophe O'Neil interprète « Quatre buts au fond des caisses », une chanson considérée aujourd'hui comme l'ancien hymne du Racing. Le titre appartient à la mémoire d'une génération de supporters ayant grandi dans les tribunes de la Meinau.  Son refrain est resté célèbre :

« Quatre buts au fond des caisses,
c'est vraiment un festival,
et la cigogne du RCS
qui s'envole dans les étoiles… »

Avec les années, le morceau a changé de statut. L'ancien hymne est devenu un véritable clin d'œil nostalgique des supporters. Les Ultras le reprennent notamment lorsque le Racing inscrit quatre buts, donnant une seconde vie à cette chanson particulièrement marquée par les codes musicaux du début des années 1990.

Virginie Schaeffer et « Le Virage du Krimmeri » (2005)

Il faut attendre 2005 pour voir apparaître un nouvel hymne clairement identifié et documenté : « Le Virage du Krimmeri », écrit et interprété par l'Alsacienne Virginie Schaeffer.

Le titre fait directement référence au quart de virage Nord de la Meinau occupé par les supporters du Racing. La chanson est rapidement associée à l'ambiance du stade et devient l'un des morceaux les plus emblématiques de cette période. La chanson mélange les références au Racing, à Strasbourg, à l'Alsace, aux couleurs bleu et blanc et à la ferveur populaire de la Meinau. Elle reprend également la formule « Jetzt geht's los », expression devenue indissociable de l'ambiance du Racing, et correspond également à la victoire du Racing en Coupe de la Ligue en 2005.

Kansas of Elsass et « Racing Hero » (2010)

Cinq ans plus tard, un nouveau projet apparaît. En 2010, le chanteur alsacien Kansas of Elsass travaille avec le Racing autour d'un nouveau morceau baptisé « Racing Hero ».

Le 29 mars 2010, on reçoit Kansas of Elsass et d'Hervé Seck, alors directeur de la communication du Racing, pour présenter « la chanson qui fait déjà bouger les tribunes de la Meinau, le nouvel hymne : Racing Hero ! ». Cette chanson constitue donc une nouvelle tentative du club pour installer un hymne fédérateur dans les tribunes. Retrouvez les photos et le podcast en cliquant ICI.

Philipp Le Provost chante le Racing (2012)

Deux ans plus tard, une autre chanson consacrée au Racing. Le musicien franco-allemand Philipp Le Provost signe « Oh Oh Oh - RCS ! », une chanson spécialement dédiée au club strasbourgeois.

Ce morceau est intéressant à plus d'un titre : il témoigne de la multiplication des chansons consacrées au Racing pendant les années de reconstruction, alors que le club évolue encore dans les divisions amateurs.

Pascal Vecca et « Nous ne sommes pas 11 mais des milliers » (2015)

Nouvelle tentative en 2015. Alors que le Racing connaît une renaissance populaire après sa reconstruction, le club se dote d'un nouvel hymne : « Nous ne sommes pas 11 mais des milliers », interprété par Pascal Vecca avec Alfonso N’Sangu. Le titre s'inspire directement d'un message cher aux supporters et notamment d'un tifo des Ultra Boys 90 : « Vous n'êtes pas onze, mais des milliers ».

L'idée est simple : rappeler aux joueurs que derrière les onze hommes présents sur la pelouse se trouve tout un peuple bleu et blanc. Le morceau est diffusé avant les rencontres durant environ deux saisons. Il accompagne notamment le Racing lors de sa remontée vers le football professionnel.

Planète Racing conserve d'ailleurs une trace vidéo de cette chanson, interprétée à la Meinau lors de Racing-Orléans, le 14 août 2015.

Blondi Beat Rousse et « Un seul amour et pour toujours » (2022)

L'histoire des hymnes du Racing ne se limite toutefois pas aux chansons commandées ou choisies par le club. Dans les tribunes, certains chants ont acquis une importance comparable, voire supérieure, à celle des hymnes officiels. C'est notamment le cas de « Un seul amour et pour toujours, Racing Club de Strasbourg ».

Ce chant prend une dimension particulière après la liquidation du Racing en 2011 et durant les années passées dans le football amateur. Il devient le symbole de la fidélité des supporters à leur club malgré les difficultés. Ce refrain a notamment été repris en 2022 par le groupe Blondi Beat Rousse.

Robin Leon écrit l'histoire des 120 ans (2026)

Le dernier chapitre de cette histoire musicale vient de s'écrire. À l'occasion des 120 ans du Racing, l'artiste alsacien Robin Leon s'est associé au club pour créer une nouvelle chanson : « On écrit l'histoire ». Sorti le 2 octobre 2026, le morceau est clairement pensé comme une chanson de stade. Robin Leon connaît déjà la Meinau : il y avait notamment été invité à plusieurs reprises avant des rencontres pour mettre l'ambiance avec sa trompette. Cette fois, le chanteur alsacien va plus loin en signant une chanson spécialement consacrée au Racing.

Les grands chants de la Meinau

À côté des hymnes enregistrés par des artistes, le Racing possède un immense répertoire de chants populaires issus du Kop. On a recensé pour vous une grande partie de ces chants, avec leurs paroles et de nombreuses séquences enregistrées directement à la Meinau, à lire ici : les chants du kop de la Meinau et dans les chants des supporters du Racing.

Du morceau presque kitsch de Christophe O'Neil au schlager entraînant de Robin Leon, en passant par Virginie Schaeffer, Kansas of Elsass, Philipp Le Provost et Pascal Vecca, les chansons du Racing racontent finalement beaucoup plus que la musique.