Le ciel alsacien s'est soudainement assombri. En l'espace de deux semaines, le Racing a vu ses espoirs de gloire s'évaporer, transformant une saison pleine de promesses en un exercice au goût d'inachevé. Hier soir, l’élimination en demi-finale de la Ligue Conférence face au Rayo Vallecano a sonné le glas des ambitions européennes du club.

Double désillusion aux portes de l'histoire

Après avoir été sorti avec frustration par l’OGC Nice en demi-finale de la Coupe de France (0-2) le 22 avril dernier, le RCS a récidivé hier soir sur la scène européenne. Malgré une ferveur incroyable dès l'arrivée du bus des Bleus à la Meinau, les Bleus n’ont pas réussi à renverser la tendance face aux Espagnols du Rayo Vallecano, défaite (0-1) au retour après un revers à l'aller (0-1). Actuellement 8e de Ligue 1, le club finit donc sa saison sans le trophée tant espéré par les supporters.

Arrivé pour succéder à Liam Rosenior parti rejoindre Chelsea dans un mouvement de valse des entraîneurs, Gary O’Neil se retrouve déjà sous le feu des critiques. Après l’échec contre Nice, il avait déjà posé les jalons de son discours : « Nous avons été la meilleure équipe, nous nous sommes créé un nombre énorme d'occasions nettes. Le football peut être cruel. Cette défaite doit nous servir de carburant et nous motiver encore davantage à progresser et à corriger ce qui n'a pas fonctionné ». Hier soir, après la sortie de route européenne, le ton était plus grave mais tout aussi combatif. O'Neil a exhorté ses troupes à ne pas « tout jeter », soulignant que le risque de ne pas remporter de trophée fait partie d'une « saison normale » pour la plupart des clubs, tout en promettant que cette douleur servira à bâtir le futur. On cherche toujours à comprendre l'absence de changements en seconde période et le choix (imposé ?) de faire jouer des Valentin Barco et Guela Doué à peine remis de blessure ...

Mercato raté et bilan comptable frustrant

Malgré ces éliminations, le Racing affiche des statistiques qui témoignent d'une progression, même si elle reste stérile en termes de titres :

  • Ligue 1 : 8e (en cours)
  • Coupe de France : demi-finale, défaite aux portes de la finale
  • Ligue Conférence : demi-finale, première épopée européenne de cette envergure

Il est bientôt temps de faire le bilan de la saison et de regarder ce qui n'a pas fonctionné. Passons déjà l’épisode du départ avec fracas de Liam Rosenior début janvier, il est simple de conclure que le Racing a raté complètement son mercato d’hiver. Mamadou Sarr parti à Chelsea où il ne joue pas. Aaron Anselmino (3 matchs et 15 minutes de jeu) et Datro Fofana (5 matchs et 170 minutes de jeu) arrivés en Alsace et qui auront traversé la seconde partie de saison comme des fantômes. On évitera aussi d'évoquer l'énigme du retour de Mwanga, et les uniques soubresauts ponctuels de Yassine. Leurs bilans de temps de jeu et statistiques sont catastrophiques. Et quand tu rates ton mercato, c'est le reste de l'effectif qui en devient hyper sollicité, sans oublier les déceptions de joueurs qui n'auront jamais su hausser leur niveau (Amo-Ameyaw, Hogsberg, ...) ou jouer (Amogou).

Emegha cristallise les frustrations

Si le jeu a été séduisant les premières semaines sous Gary O’Neal, l’état physique des joueurs s’est affaiblit au fil des rencontres. Entre le peu de rotation et les changements tardifs, le coach anglais a usé physiquement son onze type. La grave blessure de Joaquin Panichelli fin mars aura a été le coup final à la bonne série du Racing. Depuis cette date et en dehors du match retour face à Mayence, les Bleus ont enchaîné les mauvaises performances, usés, fatigués.

Et comme il fallait bien en ajouter une couche à l’immense déception de cette soirée de première demi finale de Coupe d’Europe, Emanuel Emegha, au look digne de Keanu Reeves dans Matrix et qui pourrait s'inviter à la montée des marches à Clairefontaine lors des rassemblements nationaux, a cristallisé toutes les attentions. Depuis son départ précoce acté à Chelsea en début de saison et mal orchestré, sa communication et ses déclarations resteront comme des énormes erreurs (sauf peut être son message ci-dessus hier soir), avec à la clef une sortie définitive ratée malgré 26 buts en 65 matchs de championnat. On voit mal comment il arrivera à trouver sa place dans l'effectif anglais la saison prochaine, mais ça, ça ne sera plus un sujet en Alsace.

Saison ratée ? Regard droit devant ?

Pour l'une des premières fois de son histoire, le Racing a joué sur trois tableaux jusqu'en fin de saison. Un exploit quand on connait la taille de son effectif. Évoquer que la saison est ratée alors que le Racing est 8e en championnat (pour le 6e budget faut-il le rappeler), demi-finaliste de Coupe de France et de Conference League, est une analyse dur et sans recul. Le Racing continue son apprentissage du très haut niveau, et malgré la déception de ne pas avoir su et pu aller au bout de ses aventures en coupe, la saison restera une évolution positive dans son histoire, sans oublier les voyages qu'il nous aura offert en Europe (Madrid, Aberdeen, ...).

Sauf miracle de fin de saison, le Racing devra se contenter probablement du championnat et de la Coupe de France pour la saison 2026-2027. Un mal pour un bien ? Sûrement, car il y a des fortes chances que l'effectif soit sensiblement renouvelé (Penders, Doué, Doukouré, Barco, ...) et que l'objectif logique sera alors une place dans le top 5 du championnat afin d'évoluer ensuite en Ligue Europa, voire Ligue des Champions. Mais la route est encore longue jusqu'à là.

Alors on va digérer ces occasions manquées, parce qu'on en a connu d'autres avec le Racing, et on va regarder droit devant en pensant à l'avenir.

Allez Racing !