Vendredi 27 mars 2026... Un réveil comme les autres. Enfin c'est ce qu'on pouvait croire. Il est 5h30 en Alsace. La fin d'un Nouvelle-Calédonie-Jamaïque en demi-finale de barrages de qualification pour la Coupe du Monde au programme. A Guadalajara, le peuple kanak a rêvé jusqu'au bout mais au bout des six minutes de temps additionnel, celui-ci s'est envolé à cause d'un unique but jamaïquain à la 18ème minute. Pas de Coupe du Monde.
Et puis, on prend son téléphone. Notification sur le groupe Messenger Planète Racing, 06h16 : « Possible fin de saison pour Panichelli ». La tuile, on ne veut pas y croire. Pas lui, pas maintenant, pas ce gars-là. On cherche des informations, on veut se rassurer en se disant que ce n'est pas officiel, qu'il y a de l'espoir... On consulte les réseaux du joueur, pas de communication pour l'instant. Certainement abattu, dégoûté, triste. Comme nous. Et puis, au fil des minutes, la nouvelle se confirme et se répand même si des examens complémentaires sont prévus ce jour. Pas de Coupe du Monde.
On dit toujours qu'il ne faut pas s'attacher à un joueur, qu'il n'est que de passage dans un club. Le jour où il s'en ira, il nous oubliera vite. On se le dit encore plus dans notre situation de multipropriété, où le projet Chelsea est vendu aux joueurs quand Strasbourg n'est qu'un lieu de passage, de progression avant le grand saut. Joaquin Panichelli est arrivé l'été dernier seulement, avec un statut de serial-buteur mais en D2 espagnole. Prometteur, il a tout à prouver en Alsace. Sa préparation estivale est bonne, mais la reprise de la Ligue 1 sera le moment de vérité. Alors, pour marquer les esprits, quoi de mieux qu'une première journée et un déplacement à Metz pour ouvrir son compteur d'une reprise de la tête en fin de match. On découvre la célébration pleine de rage de l'Argentin.
Les semaines suivantes ne sont pas simples dans une attaque à deux. Emegha et lui, ont du mal à combiner. Les profils des deux attaquants ne semblent pas être complémentaires. Et puis, le numéro 10 et capitaine strasbourgeois va se blesser. L'Argentin, avec son numéro 9 sur le dos, en profite directement. Il inscrit deux doublés au cours des deux journées qui suivent face à Angers (5-0) et au Parc des Princes face au PSG (3-3) avec une prestation XXL. A partir de ce jour, son nom ne sera plus prononcé que dans notre région mais dans tout l'Hexagone. Il enchaine avec un super but en Conference League après être entré en jeu contre les Polonais de Jagiellonia, et plante deux nouveaux buts à Lyon et face à Auxerre. La fin d'année est plus difficile à l'image de l'équipe, où les résultats négatifs s'enchaînent jusqu'au départ de Liam Rosenior à Chelsea, à la fin de la phase aller après un nul à Nice où Panigoal inscrit son dixième but de la saison sur pénalty (05/01/2026).
En 2026, l'attaquant poursuit son travail de sape sur les défenses adverses et continue à scorer : à Lille fin janvier, à Marseille, contre Lyon et avec un superbe lob contre Lens à la Meinau en février. Il marque également deux buts en Coupe de France (à Avranches et contre Reims) et un but à Rijeka en huitièmes de finale de Coupe d'Europe. Dimanche soir à Nantes, il signe un nouveau doublé après être entré en jeu à la mi-temps pour offrir la victoire à son équipe. Ce doublé lui permet de prendre la tête du classement des buteurs de Ligue 1. Inattendu mais tellement mérité !
Avec 20 buts au compteur toutes compétitions confondues, le Racing a trouvé en Panichelli, une pépite hors norme. Un joueur de qualité, toujours en progression, capable de faire la différence à tout moment. Un mec comme lui est rare dans le football actuel. Toujours présent dans les duels, souvent ciblé par les adversaires, il se relève à chaque fois sans broncher, déjà prêt à faire la différence le coup d'après. Egalement capable de faire les efforts défensifs avec l'équipe, en plus d'être efficace dans la zone de vérité de l'autre côté du terrain, Panigoal était devenu le patron de l'attaque depuis le mois d'octobre. Son entrée dimanche soir l'a encore montré : une première mi-temps terne, avec peu de mouvement en attaque avant son entrée en jeu qui a tout changé.
Forcément, avec un tel impact et les objectifs programmés de fin de saison, le Racing va être orphelin de son attaquant dans les prochaines semaines. Nous, supporters, devons déjà penser à la vie sportive sans lui. Cela est très dur, et on a du mal à imaginer maintenant comment le Racing va bien pouvoir espérer aller au bout de ses parcours dans les deux coupes. Pourtant, il va falloir jouer.
Joaquin Panichelli : joueur talentueux, incroyable. Il a fait lever la Meinau plus d'une fois. Sa grinta nous symbolise, chaque Alsacien se reconnaît en lui. Quand Panichelli va au charbon, c'est toute la Meinau qui allait avec lui au pressing, au duel. Nous sommes tristes pour le joueur, surtout pour l'homme qui voit sa grande saison stoppée en plein élan. Il rêvait sans doute de terminer la saison comme meilleur buteur, de remporter un trophée avec le club, de partir jouer la Coupe du Monde avec l'Argentine... Nul doute que cela n'est que partie remise. Sa première saison dans une première division européenne restera dans tous les cas une grande réussite et dans nos mémoires pour un certain temps.
Nous lui souhaitons un bon rétablissement et espérons le revoir parmi nous la saison prochaine. En attendant, le peuple bleu et blanc (strasbourgeois et argentin) te soutient !
MERCI POUR TA BELLE SAISON PANIGOAL